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Réfugiés |

2017-02-27

Kayany ouvre une nouvelle école pour les réfugiés syriens dans la Bekaa


De jeunes réfugiés syriens fréquentent une nouvelle école inaugurée le 8 février par la Fondation Kayany dans la ville de Maksi, dans la vallée de la Bekaa. [Photo fournie par la Fondation Kayany]
De jeunes réfugiés syriens fréquentent une nouvelle école inaugurée le 8 février par la Fondation Kayany dans la ville de Maksi, dans la vallée de la Bekaa. [Photo fournie par la Fondation Kayany]

Le Liban et les organisations internationales opérant sur son territoire sont confrontés au défi de devoir fournir une éducation à près de 400 000 jeunes réfugiés syriens en âge d'être scolarisés.

L'année dernière, quelque 113 000 s'étaient inscrits à l'école, et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) espère en inscrire 130 000 autres pour l'année scolaire 2017-2018.

Les organisations internationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et le ministère de l'Éducation coopèrent pour fournir un enseignement à autant d'élèves réfugiés que possible dans des centres et des écoles ouverts à l'intérieur et à proximité des camps de réfugiés.

Ces initiatives visent à apporter des programmes d'éducation « informels » de secours et accélérés à ces élèves, leur permettant de s'inscrire dans des écoles formelles et d'y recevoir un diplôme officiel sanctionnant la fin de leurs études.

L'une de ces ONG qui se consacrent à éduquer les enfants réfugiés est la Fondation Kayany.

Depuis sa création en 2013, Kayany a fondé six écoles près des camps de réfugiés dans la ville de Bar Elias, dans la vallée de la Bekaa. En novembre 2016, elle a ouvert la bibliothèque Shams à Majdal Anjar.

Restaurer le droit à l'éducation

Kayany a inauguré une septième école le 8 février, dans la ville de Meksi, également dans la vallée de la Bekaa.

La fondatrice de Kayany, Nora Walid Jumblatt, a replacé l'inauguration de cette septième école dans le contexte du « droit à l'éducation de chaque enfant conformément au droit international ».

« Ces écoles ont rétabli ce droit et un espoir en un futur radieux », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq. « Sans une éducation des enfants, le rêve d'un avenir meilleur de toute une génération volera en éclats ».

Cette école récemment ouverte accueille 600 élèves âgés de 6 à 14 ans, a-t-elle précisé, ajoutant qu'ensemble, ces sept écoles apportent un enseignement gratuit et un repas quotidien à plus de 3 500 enfants.

Si ces écoles pouvaient accueillir plus d'enfants, elles le feraient, a-t-elle déclaré, « au vu des besoins urgents dans ce domaine ».

Jumblatt a expliqué que les écoles Kayany « assurent des classes de secours et de soutien permettant à des élèves [syriens] d'étudier le programme libanais officiel, avec des cours le matin et l'après-midi ».

« Elles apportent également un soutien psychologique à ces enfants, parce que nous connaissons l'étendue des souffrances humaines et psychologiques qu'ils ont traversées depuis le déclenchement de la guerre en Syrie », a-t-elle indiqué.

Des enseignants syriens et libanais suivent une formation sous la supervision de l'université américaine de Beyrouth (AUB), a-t-elle précisé.

Étendre les connaissances

Ces écoles ont été ouvertes à l'intérieur et à proximité des camps de réfugiés « pour apporter un espace sûr et redonner de l'espoir à ces enfants », a-t-elle poursuivi, « tandis que la bibliothèque Shams contribue potentiellement à étendre leurs connaissances, élargir leur horizon et renforcer leur ouverture sur le monde ».

Malgré les efforts consentis par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur pour accueillir les élèves syriens au sein des écoles publiques, plus de 250 000 enfants ne bénéficient encore d'aucune éducation.

Cela met une génération entière en danger et constitue un déni de leurs droits fondamentaux, a déclaré Jumblatt.

« Nous leur donnons l'opportunité de poursuivre leur éducation de façon à ce qu'ils puissent jouer un rôle positif dans la société et contribuer un jour à rebâtir leur pays », a-t-elle ajouté.

Kayany ne travaille pas seule à cet égard, a-t-elle continué. « Un groupe d'institutions officielles participent avec nous à ces projets éducatifs, [...] principalement le ministère des Affaires sociales, l'AUB, la Fondation Boghossian, la Fondation Malala Yousafzai et plusieurs amis donateurs. »

Un passeport vers un avenir meilleur

Salam al-Janabi, responsable des médias de l'UNICEF, a indiqué que cette initiative de la Fondation Kayany représente une opportunité de préparer les élèves syriens à s'inscrire dans des écoles publiques et à y décrocher un diplôme officiel.

En coopération avec le ministère libanais de l'Éducation, l'UNICEF apporte à un grand nombre d'enfants réfugiés une éducation formelle dans des écoles publiques et des programmes d'enseignement accéléré lors de cours durant l'après-midi pour permettre à ceux qui n'ont pas fréquenté l'école depuis longtemps de rattraper leur retard, a-t-il expliqué.

« Les ONG complètent nos efforts par leurs initiatives pour donner [aux élèves] une éducation informelle pour s'assurer qu'ils pourront plus tard s'inscrire dans des écoles publiques », a-t-il précisé à Al-Mashareq.

« Le nombre d'enfants syriens en âge d'être scolarisés (5 à 13 ans) est d'environ 400 000, tandis que le nombre d'élèves qualifiés pour accéder à l'enseignement primaire officiel est d'environ 250 000 », a-t-il détaillé.

Sur ceux-ci, 113 000 se sont inscrits l'an dernier et ont rejoint quelque 144 000 élèves libanais dans les écoles publiques, a déclaré al-Janabi.

L'UNICEF espère que « 130 000 seront inscrits en 2017, en particulier que le financement [des donateurs et organisations internationaux] pour leur éducation sera disponible », a-t-il ajouté.

Décrocher un diplôme officiel « est leur passeport pour pouvoir terminer leur éducation au Liban ou dans leur pays à leur retour », a expliqué al-Janabi.

« Plusieurs élèves des écoles Kayany se sont inscrits par la suite dans des écoles de l'éducation formelle, après avoir réussi les examens [finaux] de la formation accélérée qu'ils avaient reçue », a-t-il souligné.

Kayany et les autres ONG travaillant à éduquer les enfants ne sont pas des partenaires officiels de l'UNICEF, a noté al-Janabi, « mais leur travail protège les enfants, ce qui en fait nos partenaires dans le travail visant à veiller à ce que ces enfants soient protégés par l'éducation, bien qu'informelle, qu'ils leur dispensent ».

Mettre les élèves sur les rails de la réussite

Toute initiative dans la vallée de la Bekaa destinée à éduquer les enfants syriens « est utile pour leur avenir et les met sur la bonne voie », a affirmé Rihana Itani, coordinatrice de l'éducation pour Sawa for Development and Aid, une ONG basée dans la Bekaa qui dirige trois écoles accueillant 500 élèves syriens.

En offrant des centres d'enseignement spéciaux, où les enfants syriens peuvent bénéficier de programmes d'enseignement informels ou accéléré, les ONG aident ces élèves à se qualifier pour être admis dans des écoles formelles et développer leurs compétences et leur discipline, et leur apportent le soutien psychologique dont ils ont besoin, a-t-elle poursuivi.

Les élèves syriens « ont besoin de différents types de programmes d'enseignement, en particulier ceux qui n'ont pas fréquenté l'école depuis plusieurs années et n'ont jamais été inscrits dans des programmes d'enseignement informels ou accéléré », a-t-elle confié à Al-Mashareq.

« Toutes les initiatives liées à l'éducation sont bonnes, mais ce qui est encore plus important, c'est que les enfants puissent par la suite s'inscrire dans des écoles publiques, pour y recevoir leur diplôme officiel », a conclu Itani

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4 COMMENTAIRE (S)

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ابراهيم سليمان | 2017-03-06

Bonjour. Est-ce que ma femme, qui est enseignante, peut avoir un emploi chez vous pour les primaires ?

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عبد الرزاق فاضل كطاف | 2017-03-05

J'ai deux enfants. Peuvent-ils rejoindre cette école ? Ils ont huit et treize ans. J'habite au camp 001.

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ابراهيم | 2017-03-02

Y a-t-il une école à al-Harmal ou à al-Qasr ?

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اأبو نايف | 2017-03-02

Nous remercions les efforts de tous ceux qui aident à sauver les enfants syriens de l'ignorance.

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