Les milices irakiennes appuyées par le CGRI soutiennent le régime syrien


Des troupes favorables au régime tiennent une position dans le quartier de Karm al-Jabal, dans l'est d'Alep, le 5 décembre 2016 lors de leur offensive pour reprendre la ville. [George Ourfalian/AFP]

Des troupes favorables au régime tiennent une position dans le quartier de Karm al-Jabal, dans l'est d'Alep, le 5 décembre 2016 lors de leur offensive pour reprendre la ville. [George Ourfalian/AFP]

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Depuis le début de la guerre en Syrie, les milices irakiennes soutenues par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien se sont efforcées d'attirer de jeunes hommes à combattre pour le régime syrien, expliquent des experts à Diyaruna, envoyant un flux constant de combattants par-delà la frontière.

Ceci a été exagéré par les divisions sectaires en Syrie et dans la région, ont-ils déclaré, prolongeant la guerre en Syrie et contribuant à la montée des groupes extrémistes. Ceci a par la suite contribué à avancer les intérêts du régime iranien dans la région.

Les milices irakiennes participent à la guerre syrienne dans le cadre d'une « stratégie convenue par l'Iran et les dirigeants de factions chiites irakiennes pour empêcher d'autres groupes qu'ils considèrent comme hostiles d'arriver au pouvoir en Irak », a précisé Yahya al-Koubaïssi, chercheur du Centre irakien d'études stratégiques.

Pour ce faire, l'Iran a mobilisé des milices irakiennes et le Hezbollah libanais pour soutenir le régime syrien, a affirmé à Diyaruna l'ancien député irakien Taha al-Louhaïbi.

« Ce n'est un secret pour personne » que ces milices jouent un rôle dans l'incitation au conflit en Syrie et l'encouragement aux luttes sectaires, « qui ont plongé la région dans le chaos », a-t-il poursuivi.

Le but de l'Iran, « contrôler le processus de prise de décision syrien et étendre son influence dans plusieurs autres pays », est une tâche gigantesque qui demande un soutien important, a affirmé l'avocat syrien Bashir al-Bassam, qui réside au Caire.

C'est pourquoi le CGRI souhaite, avec l'implication de milices chiites de plusieurs nationalités, donner à son intervention en Syrie une apparence sectaire, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Les campagnes de recrutement du CGRI en Irak et ailleurs dans la région se concentrent donc principalement sur le besoin de protéger les chiites et leurs lieux sacrés, « en particulier le temple de Sayyida Zeinab à Damas », a-t-il déclaré.

Grands changements démographiques

L'apport d'un grand nombre de combattants irakiens en Syrie changera la composition démographique syrienne , a fait savoir al-Bassam, ajoutant que la bataille se déroule de plus en plus selon des séparations sectaires.

La nature de la guerre syrienne est passée « d'une révolte populaire à une guerre sectaire », a-t-il noté, alors que les groupes extrémistes comme « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) et le Front al-Nosra (FAN) – désormais appelé le Front Fatah al-Cham – mobilisent pour contrer l'expansion chiite.

La quête de l'Iran pour un plus grand contrôle des milices chiites en Syrie, en Irak et au Liban « menace la sécurité et la stabilité de la région sur le long terme » compte tenu de ses ambitions expansionnistes, a-t-il déclaré.

La participation de milices irakiennes en Syrie a également accru les tensions sectaires en Irak , ce qui a eu un impact négatif sur la société irakienne, a fait savoir al-Koubaïssi.

« L'Irak est un pays multinational et multiethnique, et cette division sectaire pourrait contribuer à renforcer les divisions et à étendre le conflit d'une façon qui serve les objectifs de l'EIIL », a-t-il indiqué.

Efforts de recrutement du CGRI

Le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah a déclaré à Diyaruna qu'il surveille les comptes de réseaux sociaux d'Irakiens combattant avec des milices pro-régime en Syrie.

Selon ses recherches, a-t-il déclaré, il est évident que l'implication des chiites irakiens dans la guerre syrienne provient d'une « propagande directe et ouverte menée en Irak pour inciter l'implication dans le combat ».

Ceci prévale chez les jeunes irakiens pour protéger les temples chiites ou leur offre une motivation financière pour aller se battre là-bas, a-t-il expliqué, notant que ces efforts ont été concentrés sur les pauvres et les chômeurs de Bagdad, Najaf et Bassora.

Après avoir été rassemblées en Irak, les nouvelles recrues sont envoyées en Iran, où elles suivent un entraînement militaire de 40 jours dans des camps du CGRI de la région de l'Ahwaz, notamment au camp du martyr Habib Allahi, a-t-il précisé.

Cette formation comprend un entraînement à la guerre en milieu urbain ainsi que dans les doctrines qui renforcent l'affiliation sectaire, a-t-il indiqué.

Ceux qui réussissent l'entraînement sont ensuite transportés vers Damas par avion, se faisant souvent passer pour des pèlerins ou des représentants d'entreprises iraniennes ou irakiennes opérant en Syrie , a-t-il ajouté.

Ils sont affectés à des zones sensibles, où ils se battent ou défendent ces zones contre des factions d'opposition, a-t-il expliqué.

Bien qu'il soit « difficile de déterminer le nombre réel d'irakiens combattant en Syrie », a-t-il indiqué, « une étude des zones géographiques où ces milices ont été déployées suggère qu'il doit être au moins 40 000 combattants ».

Ces forces sont réparties dans Damas et ses environs, ainsi qu'à Alep, Deraa, Qouneitra, au nord d'Homs et dans les zones rurales de Lattaquié, a-t-il déclaré.

Milices irakiennes importantes en Syrie

Certaines milices irakiennes soutenues par l'Iran se battant pour le compte du régime syrien sont entraînées en Syrie, a fait savoir Saleh al-Oufeïssi, officier de l'Armée syrienne libre stationné dans la campagne d'Alep.

Parmi celles-ci se trouvent les Forces d'Assad Allah al-Ghalib, a-t-il indiqué à Diyaruna, lesquelles envoient des groupes de combattants d'Irak en Syrie pour qu'ils combattent sous le commandement du CGRI en coordination avec le régime syrien.

En raison du grand nombre de combattants irakiens arrivant, a-t-il ajouté, les passages de la frontière se font désormais au sol, le processus d'assimilation se faisant dans des camps d'entraînement comme ceux de Yafour et de Sayyida Zeinab à Damas, le camp et l'école de Maysaloon, le camp de Najha et les camps de Mehrab et d'al-Zahraa à Alep.

Les milices irakiennes combattant en Syrie incluent la Brigade Abou al-Fadl al-Abbas, la Brigade Zoulfiqar, la Brigade Kafeel Zeïnab, la Brigade Qamar Bani Hashem (al-Jawala), la Brigade al-Maasoum, les Bataillons Haydar al-Karrar (tireurs d'élite), les Bataillons irakiens du Hezbollah, les Bataillons Sayed al-Shouhada, la Brigade al-Imam al-Hassan al-Moujtaba, la Brigade Assad Allah, les forces du martyr Mohammed Baqir al-Sadr, les escouades affiliées avec l'organisation Badr, la Brigade al-Youm al-Mawoud, Harakat al-Noujaba, les milices de l'imam Hussein et Oussoud Allah, les Bataillons de l'imam Ali et Ittihad Ashab al-Haq.

« Bien qu'ils semblent indépendants, la plupart de ces unités et groupes agissent en fait sous la salle des opérations de la Brigade Abou al-Fadl al-Abbas, placées sous le commandement direct des officiers du CGRI », a indiqué al-Oufeïssi.

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