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Sécurité |

2016-11-08

Les chrétiens irakiens au Liban attendent impatiemment la libération de Mossoul


Le 30 octobre 2016, un membre des forces irakiennes patrouille près d'une croix fleurie près de l'église de Sainte-Barbara dans la ville de Qaraqosh, à 30 km à l'est de Mossoul, après que les forces irakiennes l'aient reprise à « l'État islamique en Irak et au Levant ». [Safin Hamed / AFP]
Le 30 octobre 2016, un membre des forces irakiennes patrouille près d'une croix fleurie près de l'église de Sainte-Barbara dans la ville de Qaraqosh, à 30 km à l'est de Mossoul, après que les forces irakiennes l'aient reprise à « l'État islamique en Irak et au Levant ». [Safin Hamed / AFP]

Des chrétiens irakiens de la ville de Mossoul et des plaines de Ninive, qui ont cherché l'asile au Liban lorsque « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) s'est emparé de leurs zones, suivent de près le déroulement des batailles en cours dans le nord de l'Irak.

« Ma famille et moi, ainsi que des milliers d'autres familles, avons quitté nos villages des plaines de Ninive le 23 octobre 2014, lorsque l'EIIL a occupé notre région et a commencé à nous maltraiter », a déclaré le docteur Amir Hermez Hamouda, du village de Tel Asqof.

La famille a fui à travers le nord de l'Irak vers le Liban, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.


Des chrétiens irakiens assistent à un service à la cathédrale chaldéenne d'al-Hazmiyeh au Liban. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]
Des chrétiens irakiens assistent à un service à la cathédrale chaldéenne d'al-Hazmiyeh au Liban. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Depuis le début de la bataille de Mossoul le 17 octobre, de nombreuses familles irakiennes au Liban ont suivi « toutes les nouvelles de la bataille sur toutes les chaînes de télévision, tous les médias et tous les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.

« Ce que se passe nous concerne, car nous sommes originaires de cette région, et nous devons nous tenir au courant de tous les développements », a affirmé Hamouda.

« Nous sommes heureux de revoir la croix sur les dômes de nos églises à Batnaya », a-t-il indiqué, ajoutant qu'il est content que l'opération de libération ait débuté.

Tel Asqof « est la ligne de démarcation entre l'EIIL et les forces de libération », a précisé Hamouda, et l'armée irakienne et les Peshmergas s'y trouvent, l'utilisant comme base pour progresser vers Tel Keyf et Batnaya.

La vie après l'EIIL

« Nous pensons à ce que sera la région après l'EIIL, et quel destin attend notre présence en tant que chrétiens » a indiqué Hamouda.

Hamouda n'est pas le seul. Samir al-Qiss Younan, géologue natif d'al-Qosh vivant avec sa famille à Jbeil, au Liban, a déclaré à Al-Mashareq qu'il suivait les nouvelles de la bataille minute par minute, et avec une joie immense.

Cependant, cette joie est tempérée de prudence, « parce qu'il reste beaucoup de questions sur la phase de l'après-EIIL, provenant de la peur des idées et de la loyauté [à l'EIIL] ancrées chez les résidents qui ont vécu sous son régime pendant quelque temps », a-t-il déclaré.

L'Irak compte des chrétiens d'obédiences diverses, mais ils représentent un groupe minoritaire, a-t-il indiqué, ajoutant que les relations entre les musulmans et les chrétiens ont été de façon générale bonnes.

« Nos rapports avec les habitants de Mossoul, nos frères musulmans, étaient excellents et basés sur l'amour et le respect des autres, quelles que soient leur religion ou leurs croyances », a-t-il affirmé. « Nous partagions nos moments de joie et de tristesse et nos Aïds. »

Younan a indiqué qu'il pense que la majorité de ses compatriotes finiront par retourner chez eux.

Les chrétiens déplacés peuvent constater plusieurs exemples positifs en Irak en ce qui concerne les villes retournant à la normale après que l'EIIL en ait été chassé.

À Falloujah et Ramadi, par exemple, deux anciens bastions de l'EIIL lourdement endommagés pendant l'occupation du groupe, les enfants reprennent l'école, les services publics fonctionnent à nouveau, et les marchés sont redevenus actifs.

De plus, le gouvernement irakien contrôle de façon stricte ceux qui sont autorisés à revenir dans les villes libérées, pour empêcher le retour d'éléments de l'EIIL.

Optimisme

L'archevêque chaldéen du Liban, Michel Kasarji, a déclaré à Al-Mashareq qu'il est heureux de voir le début de l'opération visant à reprendre Mossoul et les plaines de Ninive, qui sont majoritairement chrétiennes.

« Les chrétiens vivaient dans le pays de la bienveillance avec dignité », a-t-il ajouté. « En tant qu'Église chaldéenne, et avec d'autres Églises irakiennes, nous regardons avec joie ce qui se passe aujourd'hui, à savoir la reconquête de villes et de villages capturés par l'EIIL, qui a déplacé leurs populations et éparpillé leurs familles. »

« Plus de 250 000 chrétiens, dont des Chaldéens, Assyriens, Syriaques et Arméniens, ont été déplacés de Ninive vers la Turquie, la Syrie et le Liban », a-t-il précisé.

Plus de 5 000 familles, la plupart chaldéennes, vivent désormais dans des « conditions tragiques » dans ces pays, a-t-il déploré.

Les Églises irakiennes espèrent le retour de toutes ces familles dans leurs villages, leurs foyers et leurs modes de vie, a-t-il déclaré, notant que beaucoup d'églises et d'écoles dans ces régions étaient toujours debout.

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1 COMMENTAIRE (S)

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مشتاق ابراهيم | 2016-11-14

Veuillez ne pas parler au nom de tous les chrétiens irakiens du Liban. Vous n'avez pas mené de sondage auprès d'eux tous. La personne qui s'appelle Younan et d'autres ne nous représentent pas tous. Elles n'ont pas le droit de parler au nom de tous. L'Eglise elle-même n'a pas le droit de décider de notre destin ou notre futur, que nous retournions en Irak ou que nous choisissions de migrer. C'est parce que cela n'est pas approprié à cette décision. En ce qui me concerne, je connais des centaines de familles irakiennes chrétiennes qui attendent impatiemment d'émigrer, car elles ne font plus confiance aux entités politiques, religieuses ou humanitaires. Veuillez prendre cela en considération, car c'est la réalité du terrain. Merci beaucoup.

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